lundi 9 novembre 2015

Merci

Dernière nuit au Japon, dernier message aussi. Demain je rentre !

Je veux vous dire merci, vous mes lecteurs connus et inconnus. Vous m'avez soutenue, vous m'avez donné du courage dans les moments difficiles, soyez-en tous remerciés. Et si je vous ai donné envie de partir, n'hésitez pas, allez-y.

Je veux également dire merci à ceux qui m'ont conduite sur le chemin de Shikoku : merci Jean-Philippe, Laurence, Marie-Edith, Marilyse et Sébastien. Et merci à Harunori-San pour son aide si précieuse et si attentive.

Merci à tous ceux que j'ai croisés.

Enfin, merci à moi de m'être donné cette chance et d'avoir osé.

Shikoku, je reviendrai.

A.

PS : hier j'ai dormi au Shukubō du temple Daien-in de Koyasan.  Cuisine végétarienne moyenne, lit japonais confortable (mais je suis habituée maintenant), grande salle de bains collective, pas de wifi. Très cher (12000¥) mais on paie le cadre. Ce matin très longue cérémonie religieuse (1 h 30 !) qui fait regretter l'insuffisante maîtrise du japonais.

dimanche 8 novembre 2015

Surprise, surprise ...

Je vous avais promis une surprise, je suis donc allée chercher les couleurs de l'automne qui vous manquaient autant qu'à moi j'imagine ?
Je suis au Mont Koya, Koyasan comme disent les japonais, qui est le berceau du bouddhisme Shingon, et où Kōbō Daishi médite pour l'éternité. Il est d'usage de terminer son pèlerinage à Koyasan, pour raconter à Kōbō Daishi comment cela s'est passé et le remercier de sa protection.
Koyasan réalise la plus grande concentration de moines (entre 2000 et 3000) et de temples du Japon : 117 ! On peut y passer la nuit, et c'est ce que nous avions organisé, Mila et moi, il y a une dizaine de jours. Nous nous sommes donc retrouvées ce soir. De plus, j'ai retrouvé hier à Nara ma copine Irina, condisciple de cours de japonais, et qui part pour Shikoku commencer le pèlerinage demain. Nous avons passé la journée ensemble à admirer les couleurs de l'automne et les temples de Koyasan, et Irina dort dans le shukubō voisin. Une grande réunion quoi !!!
J'ai mis de nombreuses photos d'automne sur Instagram (anneshikoku), et je vous en joins quelques unes.

Des baisers automnaux
A.

PS : voici le nom du restaurant de Takamatsu où j'ai eu cette mémorable sayonara party : Tenkatsu.
Si vous passez par là, n'hésitez pas !

vendredi 6 novembre 2015

Sayonara party

Que ceux d'entre vous qui s'inquiétaient se rassurent, j'ai eu une superbe "sayonara party" dans le plus vieux restaurant de Takamatsu et j'ai mangé tout ce que j'aime : de l'anguille, de œufs de saumon, du poulet épicé, du "jakoten" spécialité de Ehime à base de pâte de poisson frite, et même du fugu, le célèbre poisson japonais qui tue s'il n'est pas bien préparé.
Seul problème, je ne peux pas vous dire le nom du restaurant. Mais je peux expliquer à ceux que cela intéresse comment s'y rendre.
J'ai découvert des gros haricots marinés dans du soja, et on m'en a offert, ainsi que l'alcool de haricots noirs dont j'ai bien l'intention de rapporter une bouteille à Paris.
Bref, superbe dîner qui termine ce mois et demi passé à Shikoku. Demain, je change d'île et je vais à Osaka.

Avant ces réjouissances gastronomiques, j'ai bénéficié d'une heure de massage japonais. Douloureux mais très relaxant. Parfait après une longue marche. J'ai découvert avec surprise que l'endroit le plus douloureux de mon organisme était le genou gauche !!!

Des baisers rassasiés

A.

PS : depuis hier dans un hôtel de la chaîne Toyoko-inn. Il y en a partout au Japon. Pas cher, avec des prix spéciaux pour les pèlerins, c'est une valeur sûre.

jeudi 5 novembre 2015

Vélib, tourisme et shopping à Takamatsu

Bon, mon canular est tombé à plat, d'après les commentaires que je reçois, et aucun de vous n'a cru semble-t-il que j'allais refaire une grande boucle tout de suite...

Effectivement, je suis seulement allée passer la nuit au Shukubō du temple 2, car je voulais assister à la prière du matin, que j'avais évitée jusqu'alors. J'avais une bonne raison : elle est très matinale cette prière, six heures !!! Nous étions cinq, et le moine a commencé sans nous attendre, il était à l'évidence pressé. Très limitée cette prière du matin : le soutra du cœur, que je ne connais toujours pas par cœur, malgré les 180 récitations. Puis il a raconté des histoires sur Kōbō Daishi. Je n'ai pas tout compris, mais des bribes par ci, par là.

Voilà, le pèlerinage est bien fini, même s'il reste encore une surprise pour dimanche. J'ai pris le train pour Takamatsu où mon cher Harunori m'a organisé tous mes logements (et tous les autres jusqu'à mon départ).

Et j'ai loué un vélo, car le Velib existe ailleurs qu'en Europe. Pour 100 yen, vous pouvez utiliser un vélo autant de fois que vous voulez, à condition de ne pas dépasser six heures. Au-delà il faut repayer 100 yen jusqu'à 24 heures. Bref, cela ne coûte rien, mais il y a peu de stations. Je ne vous surprendrais pas en précisant que les vélos sont petits. En plus les japonais roulent avec une selle très basse, même pour eux. Bref, ce n'est pas le grand confort, mais cela avance en sollicitant d'autres muscles que d'habitude, donc c'est bien !

Avec mon vélo je suis allée au parc Ritsurin qui est un merveilleux jardin ancien au cœur de la ville, je m'y suis promenée, j'ai fait une balade en barque, j'ai déjeuné d'une salade avec des tranches de vraie baguette, bref la touriste parfaite. J'ai également acheté quelques bricoles, si vous voulez que je vous rapporte quelque chose, c'est le moment de le dire.

Des baisers touristiques
A.

mercredi 4 novembre 2015

C'est reparti pour un tour ...

J'ai laissé ce matin la mer intérieure pour traverser la montagne, quitter le Nirvâna et rejoindre l'éveil de la conscience à Ryōzenji, le premier des 88 temples. Le chemin est agréable, la vue superbe et la grimpette aisée après plus de quarante jours d'entraînement. En revanche la descente est raide, et je plains de tout cœur les pèlerins qui s'aventurent à voyager dans l'autre sens.

Il s'agit d'une petite journée de marche, la dernière, et je prends tout mon temps pour profiter de chaque instant, du soleil, des oiseaux ...

Arrivée à Ryōzenji, est-ce l'éveil brutal de la conscience ? Je me rends compte que je ne peux pas m'arrêter, pas maintenant, et je repars. Ce soir je dors au shukubō de Gokurakuji, le temple numéro 2.

Lorsque l'on fait plusieurs fois le pèlerinage, on utilise toujours le même livre (nō kyō chō) que l'on présente à chaque temple. La calligraphie n'est pas refaite mais les trois tampons sont apposés de nouveau. J'ai donc deux fois trois tampons sur les deux premières pages.

À demain

A.

PS : hier soir au minshuku Shiokaze à Hiketa. Gentil mais sale, ce qui est rare au Japon.

lundi 2 novembre 2015

Pluie et brouillard ...

... étaient au rendez-vous ce matin pour la dernière étape un peu physique de ce périple, atteindre le fameux Ōkuboji, 88ème temple de Shikoku. Le brouillard est habituel, tous les récits de pèlerins en parlent, mais la pluie l'est moins.
À cause de la pluie, et parce que je suis fatiguée, il faut bien l'avouer, j'ai choisi la voie la plus facile et la plus courte en temps, et j'ai pris la route.

Mais tout d'abord, j'ai été nommée ambassadrice. Certains font des pèlerinages après avoir été ambassadeurs, j'ai choisi l'inverse, et je suis donc "Henro Ambassador" et je dois répandre la culture Henro dans le monde entier... L'association qui promeut le pèlerinage remet un diplôme aux pèlerins à pied dans une maison sur la route vers le temple 88. Et la charmante japonaise qui s'en occupait m'a en plus remis un petit pèlerin en céramique comme o-setai.

Le temple 88 est impressionnant, surtout par la taille de son entrée et par la montagne derrière, mais en fait il n'est pas très haut et relativement facile d'accès. Les pèlerins qui le souhaitent peuvent y laisser leur bâton, bâton qui représente la présence de Kukai à leur côté. J'en ai donc laissé un, et je suis partie vaillamment, vers le temple numéro 1, Ryōzenji.

Avant, j'ai mangé d'excellents udon, car on peut manger au temple 88, ce qui est très rare.

Beaucoup de pèlerins s'arrêtent au temple 88 et ne jugent pas utile de revenir à leur point de départ. Cela pervertît un peu l'esprit du pèlerinage, sans but, mais j'avoue que j'ai eu un petit pincement au cœur devant la foule qui attendait le bus pour revenir à Takamatsu, et que je me suis sentie solitaire avec mes deux jours de marche supplémentaires.

Des baisers courageux
A.

PS : hier soir chez Nagao-ji San devant le temple 77. Excellente cuisine (c'est la même cuisine pour les deux ryokan qui sont côté à côte). Les chambres japonaises sont petites, mais j'ai eu une chambre double. Salle de bain japonaise petite. Wifi. Étape conseillée.

dimanche 1 novembre 2015

Il n'en reste qu'un ... Ou deux ?

et j'ai bien du mal à le croire ! J'ai l'impression d'avoir sauté quelques temples en route, et pourtant ...

Demain il pleut, je vais donc prendre la route et éviter la forêt glissante pour rejoindre le 88ème et avant-dernier temple de mon pèlerinage. En effet, pour bien souligner l'absence d'utilité de ces jours de marche, le pèlerinage finit là où il a commencé, donc au temple 1 pour moi.

Ceci dit, il flotte comme un air de fête, ce soir au minshuku les pèlerins japonais ont commandé du saké !

Hier j'ai mangé pour la première fois depuis mon arrivée des sushis, dans un bar à sushis, rendez-vous des familles le samedi à midi. Depuis Tokyo il y a dix ans maintenant, un vent de modernité a soufflé sur le concept. Certes il y a toujours un tapis roulant mais on ne voit plus les cuisiniers. On peut toujours commander le sushi dont on rêve, mais pas d'inquiétude si on a oublié comment dire "coquille Saint-Jacques" : on dispose d'un écran avec le menu, il suffit d'appuyer sur le bon bouton et votre commande vous arrive sur un tapis-roulant. Prière de renvoyer le tapis-roulant sinon vous vous faites fermement rappeler à l'ordre. Et on paie toujours à l'assiette mais inutile de rapporter les assiettes à la caisse en partant, vous avez devant vous un avale assiette chargé de calculer l'addition. Et c'est toujours aussi bon marché : j'ai trop mangé pour à peine 1000 ¥ dessert compris. Toutes les photos sont sur Instagram (anneshikoku).

A.

PS : Avant-hier au ryokan Ebisu-ya, juste en face du temple 80. Patronne très gentille qui offre la lessive comme o-setai. Bon dîner mais petit dejeuner léger. Lit japonais, salle de bain minuscule, pas de wifi.

PPS : hier soir Royal hôtel Yashima, qui n'a de royal que le nom. Un des plus moches business hôtels que j'ai fréquenté. Seul avantage, il permet de monter au temple 84 sans sac à dos. Wifi. Petit dejeuner seulement. 

vendredi 30 octobre 2015

Les mille marches

Aujourd'hui, sur les conseils de Francis, j'ai légèrement changé l'ordre des temples : 79, 81, 82 puis 80. Le chemin figure sur la carte, et est fléché. La manœuvre fait économiser cinq km ! Il n'y a pas de petits profits, n'est-ce pas ?
Les temples 81-Shiromineji- et 82-Negoroji- occupent la base d'un triangle dont le temple 80-Kokubunji-, plus au sud, est le sommet. Le temple 79-Tennōji- est à mi distance de 80 et 81, alors que le temple 83 est à la hauteur du temple 80. Les routes sont bien sûr différentes, à ceci près que la fin du chemin de 82 à 80 est le sens inverse du début du chemin de 80 à 81. Si ce n'est pas clair, prenez un crayon, et faites un schéma, vous comprendrez.
Pour compléter, les temples 81 et 82 sont à 400 m d'altitude, sur le plateau au joli nom "des cinq couleurs" (Goshikidai), les autres au niveau de la mer.
Ce que Francis avait oublié de me préciser, c'est qu'il y a plus de sept cents marches à grimper (je les ai comptées) quand on arrive au temple 81 en venant du temple 79, ce qui joint aux autres marches de la journée, représente plus de mille marches. Je ne vous parle là que des marches en montée, je ne compte pas celles en descente.
Et bien, malgré mon entraînement, mes cuisses s'en ressentent ce soir de ces mille marches en plus des vingt km habituels !!!
Ceci dit, Francis a raison, pour l'avoir faite en sens inverse, la montée du temple 80 au temple 81 à l'air pire. Merci Francis !

A.

PS : hier soir au ryokan Kawakume, avant le temple 79, Tennōji. Un peu difficile à trouver, dans une petite rue à droite au milieu de la galerie marchande. Tout classique, bonne cuisine, pas de wifi. Très grande baignoire en inox, je tiens sans problème allongée dedans, on a l'impression de se trouver dans un évier. Salle à manger avec des chaises ! Curieusement la cuisine japonaise est meilleure quand on est bien assis. Hôtes affables, parlant un peu anglais.

jeudi 29 octobre 2015

Même au Nirvâna les journées peuvent être moroses

Je suis fatiguée et j'ai mal au dos, mais je ne suis pas là pour faire part de mes états d'âme. Ceci dit si quelqu'un sait pourquoi j'ai des bleus sous mes ampoules je suis preneuse, car ce sont eux qui sont douloureux...

Dans cette journée morose, trois rayons de soleil : un vieux monsieur qui me voit passer de son balcon juste avant le temple 77, Dōryūji, m'interpelle et me demande de m'arrêter pour m'apporter un petit henro de terre cuite qui contient un message écrit en kanji à propos du temple. Mélanie, il faudra que tu me le traduises.

Et au déjeuner une japonaise de plus de soixante dix ans, qui s'adresse à moi en anglais. Nous discutons un moment de tout et de rien. Elle habite Marugame, la ville que je viens de traverser, et veut absolument m'emmener visiter le château et essayer des kimonos. Elle est charmante, m'avoue que bien qu'habitant Shikoku elle n'a visité qu'une dizaine de temples, et nous passons un moment très agréable. Elle est allée à Paris il y a bien longtemps, et ne se souvient que de la place de la Concorde où l'on a guillotiné Marie-Antoinette... Comme par hasard je vais beaucoup mieux et suis pleine de courage après le déjeuner.

Au temple 78, Gōshōji, je me mêle à un groupe de pèlerins japonais. Ce sont des pèlerins qui voyagent en car, une bonne vingtaine cette fois-ci. Ils sont sous la conduite d'un guide spirituel, rarement un moine, souvent une femme, qui dirige les récitations en ajoutant parfois des commentaires sur le temple. Ainsi il faut une dizaine de jours pour faire le pèlerinage. Le guide de cet après-midi est pressé et n'attend pas que sa troupe ait fini d'allumer bougies et encens pour commencer le sûtra du cœur. C'est rigolo et très bon enfant. J'aime de plus en plus me mêler à ces groupes et participer ainsi de façon plus collective. De plus la récitation est rythmée par un gong, et je ne sais pas respecter le rythme toute seule. Les japonaises qui m'entourent sont toutes contentes d'entendre que je récite la même chose qu'elles et m'entraînent à la suite de leur guide dans une grotte tapissée de petites statues argentées. Nous avons tous caressé une plus grande statue puis nous sommes frotté les parties du corps douloureuses. La douleur va disparaître. Pour finir une des pèlerines m'a donné son osamé-fuda doré (50 à 99 pèlerinages). Il m'en manque encore un rouge et un vert pour que la collection soit complète.

Et oui, vous avez bien lu, le temple 78. Plus que dix temples ...

Dans les curiosités du jour, j'ai compris pourquoi les auto-écoles étaient signalées sur la carte. Celle de ce matin occupait un immeuble de trois étages, ce que j'ai trouvé curieux jusqu'à voir l'arrière de l'immeuble : une dizaine de voitures toutes blanches stationnaient sur un parcours d'entraînement miniature : feux, passages cloutés, stops, passages à niveau, giratoire, rien ne manquait pour apprendre à conduire sans aller sur la vraie route. J'ai posté des photos, mais je ne suis pas sûre que cela rende vraiment.

Des baisers

A.

PS : j'ai passé la nuit dernière dans une maison japonaise moderne qui vaut le détour ne serait-ce que pour l'architecture, Kaze-no-kuguru. Pas de dîner, mais je suis allée à vélo faire des courses au supermarché. Petit-déjeuner, wifi, douche japonaise avec baignoire minuscule. L'hôte est très gentil.

La petite famille des henro

Hier était une journée de retrouvailles.

Le temple 71 d'abord, Iadaniji. C'est un très joli temple dans la forêt, à l'accès assez trompeur : il est annoncé à 197 m d'altitude, une broutille n'est-ce pas ? Mais ce que le guide ne précise pas, c'est qu'il y a entre quatre cents et cinq cents marches pour atteindre le temple principal. Avant toute cette montée, il y a une petite boutique sous un auvent, où l'on donne des graines aux oiseaux qui viennent vous manger dans la main. Ils sont très mignons, et s'appellent des yamagara (山がら). J'ai mis une photo sur Instagram. En redescendant les quatre cents marches, j'entends qu'on m'appelle. C'est un henro coréen rencontré au temple 38 qui m'a rattrapée. Il était ravi de voir que mon dos allait mieux, et que je marchais de nouveau, et j'étais touchée qu'il s'en souvienne. Nous avons dejeuner ensemble, autour de udon bien sûr, puis nous sommes quittés car il est pressé de finir et met les bouchées doubles sur les derniers km. Pour ma part c'est plutôt l'inverse, je savoure, je procrastine, je pourrais même envisager de faire des détours !

Au temple 73, je m'installe pour méditer quand j'entends qu'on m'appelle. Diable, je suis connue ici ! C'était un henro japonais, inconnu, mais qui avait dîné et passé la nuit avec un de mes derniers copains dont il m'a montré la photo. Je suis connue vous dis-je...

Enfin, le soir, j'arrive à mon hébergement, et qui m'ouvre la porte ? Une charmante japonaise avec qui j'ai partagé le gîte et le couvert il y a deux jours. C'est une pèlerine en voiture (kuruma henro) partie il y a quinze jours du temple 55, et qui musarde encore plus que moi.

Le monde est petit, non ? Quand vous saurez que je retrouve Mila le 8 novembre au mont Koya (mais je vous en reparlerai), il ne manque que de retrouver Shohéri-San au temple 88 !!!

Comme vous le savez maintenant, le patron de ce pèlerinage est Kukai, alias Kōbō Daishi. Il est né à Zentsūji qui abrite le temple du même nom, le temple 75, qui clôturait cette journée de retrouvailles. Ce temple, situé en pleine ville est magnifique et le soir venu on y respire la sérénité ce qui m'a fait regretter de ne pas y coucher alors que c'est possible. Une autre fois peut-être ?

A.

PS : avant-hier hébergement au ryokan Ichifuji. Passez votre chemin...

mardi 27 octobre 2015

Petit retour sur les o-setai

Je souhaite vous reparler aujourd'hui des o-setai car je suis frappée de leur abondance et de la participation de toute la population à cette pratique.

Je reçois en moyenne deux o-setai par jour. Ce sont des cadeaux de faible valeur, le plus souvent alimentaires.

Mais pas toujours. Je vous poste aujourd'hui la photo des o-setai textiles que j'ai reçus récemment : la serviette de onsen dont je vous ai déjà parlé, doublée, luxueuse, mais un peu lourde à mon goût, ainsi que deux petites serviettes. L'une provient de la copine du musicien qui confond la France et l'Allemagne ; l'autre je l'ai reçue d'un commerçant le matin de bonne heure alors que je sortais d'un temple, et comme je lui ai donné un osamé-fuda pour le remercier, il est allé me chercher une glace !

Il y a quelques jours, un monsieur est descendu de sa voiture pour me donner 300 ¥ !!!

Le plus souvent toutefois ce sont des cadeaux alimentaires. Ce matin mon hôte d'hier soir m'a ainsi donné deux onigiri et des bonbons. Et, encore une fois, j'ai rencontré un vieux monsieur de 80 ans qui guettait les pèlerins pour leur offrir du café.

Ces cadeaux alimentaires ne tombent pas toujours très bien, mais il est interdit de les refuser, et l'on ne peut s'en débarrasser qu'en les donnant à un autre pèlerin. C'est ainsi que ma copine Mila me donnait toutes les cannettes de café qu'elle recevait.

Et aujourd'hui, alors que je rêvais de ramen avec deux ou trois tranches de porc bien croustillantes, j'ai dû me contenter des onigiri ... Pour me consoler, je me suis offert une glace au thé macha  comme dessert, mais j'aurai pu avoir et des ramen et une glace...

Demain peut-être ?

Des baisers
A.

PS : hier hébergement formidable au Minshuku Azaora. Je recommande fortement. Cuisine délicieuse, les hôtes parlent anglais et sont adorables. Salle de bains japonaise. Wifi.

lundi 26 octobre 2015

Je suis au Nirvâna !

C'est officiel, j'ai dépassé le temple 66 et je suis au Nirvâna !!!
Départ ce matin très tôt (6 h 45) pour prendre un bus, car j'ai jugé que 30 km de montée et de descente c'était trop pour mon dos, et j'ai eu raison ...
Le bus nous a déposées, Yoroku-san et moi, 2,5 km avant le temple 65 et la montée a commencé. C'est une route goudronnée qui nous a conduit à ce premier temple, Sankakuji, 220 m de dénivelé en 2,5 km, cela reste raisonnable. Le brume avait disparu, moins de pollution le dimanche peut-être, et l'air était frais et limpide. C'est effectivement l'automne, et la micropolaire sort souvent du sac à dos.
Après le temple 65, les vraies difficultés. La route qui conduit au temple 66 est une des plus belles que j'ai parcourues. Elle commence par descendre (!) pendant sept km et offre un superbe panorama sur la baie de Lyo-Mishima et la mer intérieure.
La route passe ainsi devant un des 20 temples secondaires que l'on peut visiter en plus des 88 officiels. J'y ai suivi Yoroku-san, et bien m'en a pris : c'est un joli petit temple, les calligraphies, que l'on paie normalement 300 ¥ sont offertes au pèlerin à pied, et nous avons eu un café o-setai !
La route emprunte ensuite la nationale, ce qui est moins drôle, et la montée commence. C'est l'occasion de prendre le plus grand tunnel emprunté à ce jour, plus de 800 mètres ! Après l'étape du troisième jour, mes plus grandes peurs à Shikoku sont, à égalité, les vipères et les tunnels. Il est normalement possible d'éviter les tunnels. La deuxième semaine, j'ai ainsi évité un des premiers tunnels rencontrés. Il m'a fallu quarante cinq minutes de marche pour éviter un tunnel de 250 m, et j'ai rencontré une vipère sur la déviation. Depuis je prends les tunnels...
Nous avons eu relativement de la chance dans ce grand tunnel : il y avait un trottoir, et peu de camions. Yoroku-san et moi gérons les tunnels différemment à l'évidence : elle met un masque, j'utilise une lampe de poche. Chacun ses angoisses...
Après la nationale, on emprunte une petite route, et nous nous sommes arrêtées sur un mur de pierres pour déjeuner. En effet, les bancs sont rares, et il est difficile de trouver un coin pique-nique idéal. Et Yoroku-san m'a abandonnée : nous étions arrivées au Minshuku où je voulais loger initialement, et qui était soi-disant fermé aujourd'hui. A l'évidence pas pour tout le monde.
Qu'importe, je suis repartie, cette fois-ci sur un sentier dans la forêt, où ma première rencontre a été... une vipère que j'ai vue un peu tard. Je ne sais pas laquelle de nous deux a eu le plus peur !
Le sentier dans la forêt est sportif. On passe de 244 à  680 m en 2,2 km, puis de 680 à 900 m en deux km. Mais j'adore ces sentiers en forêt, et l'arrivée au temple est superbe.
Je suis partie du temple vers 3 h et demie, en passant d'abord par un chemin bordé de statues toutes différentes. Au moins deux cent statues, de la taille d'un petit homme, les unes à côté des autres. Je n'en ai photographié que quelques unes (anneshikoku sur Instagram). Mais il fallait redescendre, et arriver avant la nuit, le soleil se couchait à 17 h 19 aujourd'hui. Je le sais, j'ai surveillé, je ne suis pas rapide en descente, passer de 900 m à 300 m en 4,5 km, c'était très raide et pein de marches. Mais je suis arrivée à bon port, juste avant la nuit. C'est cela le Nirvâna !!!

Des baisers Nirvanesques
A.

dimanche 25 octobre 2015

Aujourd'hui dimanche, je suis allée à ...

.. la messe !
Je suis en effet passée devant une église, dont je n'ai deviné le rôle qu'en entendant des "amen". Je suis entrée par curiosité, mais au mauvais moment peut-être car j'ai subi un quart d'heure d'homélie en japonais !  Cela parlait surtout de manger, un peu de poisson, pour le reste je ne sais pas et j'avoue que j'ai craqué et que je ne suis pas restée. Il y avait une vingtaine de personnes, dont deux tiers de femmes, et deux jeunes d'une vingtaine d'années. Je pense que c'était en fait un temple protestant, le célébrant était en complet, il n'y avait pas de lampe allumée signalant la présence de l'Eucharistie, mais je n'en sais rien. Chose surprenante, le jeune homme à l'entrée m'a demandé de remplir un papier avec mon nom, la jeune femme assise devant moi m'a apporté une bible en anglais, les japonais avaient tous deux ou trois livres devant eux, de quoi écrire et certains prenaient des notes. En sortant j'ai été poursuivie par ma voisine qui voulait savoir (vérifier ?) si j'étais chrétienne...

Je voulais vous parler de la collecte des ordures, car c'est un petit problème certes, mais un problème quotidien pour le pèlerin. Car il n'y a pas de poubelle dans la rue. Les rues sont relativement propres, et j'ai vu à plusieurs reprises des volontaires ramasser des ordures le samedi matin. Mais de poubelles, point. Or, tous les commerçants vous distribuent moult sacs en plastique.
Les ordures ménagères sont collectées dans de grands bacs grillagés ou devant des points de collecte reconnaissables à un panneau d'affichage qui précise le montant d'une amende. La collecte est sélective : un jour les cannettes en métal, un autre les bouteilles en plastique (mais sans les bouchons), les journaux sont ficelés en piles bien propres...
Dans la rue, il n'y a que deux endroits pour se débarrasser des restes de son pique-nique ou de sa bouteille d'eau : les distributeurs automatiques de boisson, que l'on trouve presque partout, y compris dans les temples, mais pas sur les sentiers de montagne, sont accompagnés de bacs pour collecter les bouteilles en plastique et les cannettes, mais il n'y pas de poubelle pour le reste. Le sac de votre pique-nique vous accompagnera jusqu'au prochain combini, où vous trouverez, avec un peu de chance, une poubelle. Dans les combini, les papiers ne sont pas recyclés, sauf les tickets de caisse, et je n'aurais pas vu avant-hier des piles de journaux à enlever, je vous aurais écrit que le papier n'était pas recyclé au Japon.... Dernier détail, dans les combini, il y a un bac pour les bouteilles et au autre pour les bouchons.
Enfin, les rues sont propres jusqu'au moment où l'on arrive sur un dépotoir de télévisions, de climatiseurs et d'électroménager, en général planqué derrière quelques arbres.

J'ai fait le planning des jours qui restent, à la demande d'Harunori-San qui se propose gentiment de s'occuper de mes réservations dans la préfecture de Kagawa, quatrième et derniére. Je devrais arriver au temple 1, Ryōzenji, le mercredi 4 novembre ! Gambatte kudasaï !

A.

PS : depuis hier soir dans un business hôtel à Lyo-Mishima. Rien à en dire, si ce n'est qu'il n'y a pas de wifi et pas de dîner. Quand vous voulez passer deux nuits au même endroit, ce qui est mon cas, désirant me reposer avant l'escalade des temples 65 et 66 demain, vous ne pouvez aller qu'à l'hôtel, hélas...

samedi 24 octobre 2015

Deux ou trois choses sur Shikoku

J'ai passé beaucoup de temps hier à m'intéresser à la construction des maisons japonaises. Parce que j'avais oublié mon téléphone au combini, je suis passée trois fois devant une maison en construction, ce qui a provoqué cet intérêt. J'ai bien sûr retrouvé mon téléphone là où je l'avais laissé, je suis au Japon, n'est-ce pas !
La plupart des maisons individuelles sont en bois à Shikoku, même si la tôle ondulée et le plastique tentent de percer. Il y a d'ailleurs partout des panneaux signalant les réserves d'eau en cas d'incendie. Ces maisons sont montées sur pilotis, sans fondation comme nous les connaissons en Europe. Le plancher repose sur un vide sanitaire assez haut, de trente à quarante cm, qui est le plus souvent masqué par des parpaings. Les cloisons sont en bois, accrochées aux pilotis qui montent jusqu'au toit. J'imagine que c'est parfaitement adapté aux tremblements de terre, les pilotis et le bois étant assez souples pour absorber les secousses.
J'ai croisé de nombreuses maisons en construction hier, et j'ai donc mis les photos sur Instagram. Les immeubles sont également construits sur pilotis, il s'agit là de pilotis en béton plus volumineux, j'essaierai de prendre des photos la prochaine fois.

Le nord de l'île est plus industriel que le sud, et d'ailleurs l'air est plus pollué et la visibilité médiocre. Toutefois nombre d'usines sont de petite taille et donnent l'impression d'être vétustes. Peut-être un problème de mise à niveau de l'outil industriel ? Les villages sont plus animés également, il n'y a plus cette impression de désert que l'on pouvait avoir le long du Pacifique. En revanche, les magasins sont toujours aussi peu engageants, ce qui tombe plutôt bien car toute velléité de shopping alourdirait le sac à dos, n'est-ce pas ?

Les boutiques les plus fréquentes sont les salons de coiffure, comme en France donc, mais ils sont rarement pleins. Les magasins d'alimentation attireraient n'importe quel agent de la répression des fraudes, à l'exception des supermarchés, peu nombreux. Il y a beaucoup de graineteries-drogueries qui vendent tout pour le jardin et le potager, et même plus. Toutes les maisons ont sinon un jardin, au moins quelques plantes en pot, et les potagers sont aussi nombreux que les rizières. Tout cela est bien loin de  l'image d'un Japon moderne que l'on a dans les grandes villes.

Mais les voitures nombreuses, sont en parfait état, propres et à la carrosserie impeccable, ce qui traduit une certaine richesse. Il y a également beaucoup de vélos, très utilisés par les jeunes, les femmes et les vieux.

Demain je vous parlerai de la collecte des ordures.

Des baisers nippons.
A.

PS : j'ai passé deux nuits très agréables au Komachi Onsen Shikokyua avant le temple 60 (Yokomineji). Comme son nom l'indique c'est un onsen avec une partie à l'extérieur, malheureusement sans vue. C'est également un hôtel très agréable, avec lit européen et wifi. La cuisine est bonne et copieuse, ils utilisent à chaque repas des petits réchauds individuels qui n'apportent pas grand chose. Étape recommandée.

PPS : comme je suis un peu en retard pour tenir ce blog, vous avez droit à un PPS. Hier je me suis arrêtée au business hôtel Misora à Misora. Il n'y a rien d'autre dans le coin. Pas de cuisine, ni dîner ni petit déjeuner. Lit japonais. Salle de bain de business hôtel, avec wc. Wifi.

jeudi 22 octobre 2015

Le temple 60 c'est fait !

Je suis partie ce matin sous un ciel gris, impossible de deviner quel sommet il fallait gravir...
En fait, la montée au temple 60 est facile, même avec un fond de sciatique, et d'autant plus que je ne portais que le strict minimum. Cette montée fait 9,5 km. Les sept premiers km sont une route goudronnée ce qui, même avec la pente à 12% des derniers km, ne pose pas de gros problèmes.
Seuls les deux derniers km sont difficiles : l'altitude passe de 289 à 740m, et le chemin alterne des marches et des montées très raides. Le guide précise que le chemin est glissant après la pluie, je dirais même qu'il est non praticable. Mais aujourd'hui le temps est sec, et j'ai mis une heure vingt pour faire ces deux km, en même temps que les nuages disparaissaient.
En revanche, la descente vers le temple 61 est longue, difficile, comporte de nombreux passages ... en montée, et je ne pense pas que ce soit une bonne idée de faire la route dans l'autre sens. En plus j'y ai croisé un serpent, alors que je pensais que la saison des vipères était enfin terminée.
L'automne s'installe doucement. La forêt reste encore très verte, parce qu'il y a beaucoup de pins, mais les kakis sont mûrs et il devient difficile de résister à la tentation de chaparder un beau fruit orange.

Je pense déjà bien sûr à la prochaine difficulté, le temple 66, c'est dans quatre jours, et je vais m'accorder une journée de repos avant de l'aborder.

Des baisers
A.

PS : avant -hier au temple 58 que l'on m'avait chaudement recommandé ( Francis, Harunori-San ?). J'ai été plutôt déçue. La cuisine est joliment présentée mais un peu fade. C'est malheureusement l'usine à pèlerins. Salle de bains japonaise au sous-sol, assez grande et bien chaude, jolie vue sur la baie du deuxième étage. Pas de wifi.

mardi 20 octobre 2015

Aux deux extrêmes

J'ai rencontré la doyenne des pèlerines à pied : 84 ans ! Elle m'a donné un sachet de cacahuètes et nous avons échangé nos osamé-fuda. Le sien est argent, ce qui veut dire qu'elle a déjà fait le pèlerinage entre 25 et 49 fois. La marche conserve !!! Nous étions ensemble dans le même ryokan hier, mais je ne l'ai plus vue de la journée. Chi va piano ....
J'ai marché avec la benjamine : 12 ans et sa sœur de 16 ans. Elles habitent Tokushima, la ville qui est au début du pèlerinage, et  font toutes les deux le pèlerinage à pied par étapes pendant que leur mère le fait en voiture. Mon japonais ne m'a pas permis de comprendre pourquoi elles n'étaient pas à l'école hier... Nous avons également échangé nos osamé-fuda tous blancs, et elles ont partagé leur goûter avec moi.
Il y a quelques jours, un pèlerin m'a donné son osamé-fuda, en brocart, ce qui veut dire qu'il a fait le pèlerinage plus de cent fois ! Il n'était à l'évidence pas à pied, au moins cette fois-ci.

L'osamé-fuda est donc une petite feuille de papier, sur laquelle le pèlerin inscrit son nom, son âge, son adresse et la date. Sa couleur varie selon le nombre de fois où l'on a accompli le pèlerinage. Il est déposé dans une boîte spéciale devant les deux bâtiments, le principal et celui consacré à Kobo Daishi, dans chaque temple. Le pèlerin le donne également à toute personne qui lui fait un o-setai. J'ai donc eu la chance hier d'en donner un à un charmant monsieur qui, par amour de la musique classique allemande, et parce qu'il a un peu confondu la France et l'Allemagne, m'a invité à prendre le café chez lui. Et à une japonaise qui apportait des o-setai à mes deux benjamines, et qui, pour que je ne sois pas en reste, m'a donné la serviette qu'elle portait autour du cou. J'ai ainsi hérité d'une très jolie serviette de onsen Ralph Lauren, qui remplace avantageusement celle que j'ai perdue!

Des baisers
A.

PS : hier étape au ryokan Tsuyoshi, qui n'est pas un business hôtel contrairement à ce qui est marqué sur le guide. Accueil formidable, très chaleureux, des trois femmes qui le gèrent, dont l'une parle anglais. Lit européen, toilettes attenantes et lavabo dans la chambre. Salle de bains japonaise. Cuisine très honnête. Je recommande fortement.

lundi 19 octobre 2015

Un mois déjà, un mois seulement ...

Voici un mois je m'envolais pour Osaka. Une éternité depuis ma nouvelle planète !

Je suis rendue au point où les rapports à la marche sont devenus différents : rien ne paraît loin, et je suis même surprise de voir à quelle vitesse les paysages changent autour de moi. Une fois échauffée, et pour peu que mon dos me laisse tranquille, je suis dans une autre dimension, la marche est automatique, et les petites clochettes sur mes bâtons sont bien utiles pour me ramener ici et maintenant, comme c'est leur rôle d'ailleurs.

Pour ce qui est du dos, tant qu'il n'y a pas de contrôle anti-dopage sur le chemin, tout va bien. Et que ceux qui s'inquiètent du poids des médicaments dans mon sac se rassurent. J'en ai laissé une partie à Harunori-San avec mes chaussures trop lourdes : je n'ai que trois semaines d'anti-inflammatoires avec moi, mais presque tous les antalgiques prescrits et délivrés ...toxico un jour, toxico toujours !

Alice trouve qu'il n'y a pas assez de photos de nourriture sur Instagram (anneshikoku). Elle a raison et je vais faire un effort.
Ce matin, petit dejeuner japonais typique, mais j'avais laissé l'iPhone dans ma chambre. Au menu : du riz que l'on mange avec des algues en feuille au petit dejeuner, du maquereau séché, une salade de légumes et d'algues, des algues confites et une prune au sel, un œuf mollet dans une petite sauce, que l'on bat et que l'on mange avec le riz, une soupe miso riche en carottes et en algues, et du thé vert. C'est en gros toujours le même petit dejeuner, excellent en soi, sauf quand l'œuf mollet est remplacé par un œuf cru, ou qu'il y a des haricots fermentés, mais on s'en lasse assez vite, et je suis bien contente de pouvoir de temps à autre manger du pain brioché et de la confiture.

Au déjeuner j'avais l'appareil photo, mais j'ai mangé un steak haché, des frites et du gâteau au chocolat...

Des baisers.
A.

PS : hier soir ryokan Ota-ya à Iyo-Hōjō. Il y a eu une erreur dans la réservation, donc je n'y ai pas dîné. Excellent petit dejeuner (cf. supra). Personnel adorable. Lit européen (mon dos apprécie). Salle de bain dans la chambre. Lessive gratuite, séchage 100 ¥. Wifi.

dimanche 18 octobre 2015

La mer intérieure

La mer intérieure (せとないかい seto naikai) est ma nouvelle compagne pour quelques jours, avec, au loin, Hiroshima, et une multitude de petites îles qui participent à la sérénité du lieu. 

Comme toujours mon parcours d'aujourd'hui a été récompensé de cadeaux inattendus. 
Le dimanche, il y a plus d'animation dans les temples et sur le chemin et le dévouement des japonais est surprenant. Il y a quinze jours c'était un vieux monsieur de 84 ans assis devant une table de camping et deux chaises qui attendait les pèlerins pour leur offrir du thé glacé. Aujourd'hui, au temple 53, c'était une cohorte de jeunes filles en kimono qui offraient des petits gâteaux et du thé macha. 

Mon second cadeau du jour est un concert en plein air. Je suis arrivée très en avance à destination, mon hôtel n'ouvre qu'à cinq heures, et je me suis installée au soleil, devant la mer, en face d'une petite île (Hōjō Kashima) où a lieu un concert. L'île est à moins de 500 m et l'acoustique est parfaite. Le ressac ne couvre pas la musique, et la température est idéale ... 25 degrés !!! Vais-je rentrer ?

A défaut de rentrer, j'avance, à petits pas certes, mais j'avance. J'ai prévu de ne pas faire plus de 20 km par jour, en tout cas pas avant d'avoir franchi l'étape la plus difficile, celle du temple 60, que je devrais atteindre dans trois jours. En effet si c'est l'étape du troisième jour, pour atteindre le temple 12, qui est la plus crainte des pèlerins (avec trois sommets à 600, 700 et 750 m), ce n'est en fait ni la plus haute (le temple 66 est à 950 m) ni la plus difficile semble-t-il. Nous verrons bien ...

Enfin, pour ceux qui me suivent, la signalisation fait défaut après le temple 53, en tout cas si l'on prend à gauche en sortant du temple. On peut également prendre à droite, c'est peut-être mieux indiqué. Au moment où les deux itinéraires se rejoignent il y a un excellent restaurant d'udon. 

A.

PS : autre stratégie au restaurant : je commande la même chose que mon voisin. Ce soir j'ai ainsi mangé : deux pommes de terre et du navet cuits dans du bouillon, du poulet frit et des palourdes cuites. Cela m'aurait tout à fait suffit, mais j'ai encore eu une cuisse de volaille servie avec une paire de ciseaux ... Et moins de bière que mon voisin qui en a bu deux litres ...

samedi 17 octobre 2015

Dernier jour à Matsuyama

Demain, dès l'aube, quoi qu'il arrive, je partirai de Matsuyama. Nous verrons bien...

Aujourd'hui, je suis allée du temple 46 au temple 51, une quinzaine de kilomètres sans sac à dos, parfait pour une remise en jambes.

Une fois encore, mon trajet, surtout dans la banlieue de Matsuyama, longe des petits champs de riz. A Shikoku le climat permet de faire deux récoltes de riz par an, ce qui donne l'impression d'une culture en continu. Certains champs abritent  de jeunes pousses toutes vertes, d'autres sont en cours de moisson. Ces champs sont petits, familiaux, le potager en somme, et les machines sont adaptées à cette petite taille : les moissonneuses sont grandes comme des motoculteurs, et sont rangées dans la cour des maisons, sous une bâche...
De temps à autre, un champ de riz est remplacé par un champ de panneaux solaires, mais ils sont plus rares ici que plus au sud.

Dans les temples aujourd'hui, je remarque une boîte aux lettres spéciale : "haïku post". La boîte déborde de courrier, pas d'heure de levée dessus. Au dîner, j'interroge mon cher Harunori. La région est célèbre pour ses poètes, et ce pourraient être des haïku postés afin que les meilleurs soient sélectionnés et publiés. Au passage j'apprends que la forme des haiku est fixe : 5, puis 7, puis de nouveau 5 syllabes.

Dernière surprise de la journée : si nous avons inventé les sièges anti-clodo dans le métro, les japonais ont inventé les fils électriques anti-hirondelles. J'ai mis un moment à comprendre pourquoi les fils électriques se transformaient subitement en barbelés : il y avait des voitures stationnées dessous !!!

Je suis repassée au onsen Dogo ce soir. Malgré tout le mal que j'en ai dit hier, j'adore cette ambiance très particulière : toutes ces femmes nues, de tous âges, qui se lavent ensemble, avec en fait beaucoup de pudeur et de retenue, cette profusion d'eau, de vapeur, apportent détente et beaucoup de chaleur humaine. Un très bon point pour cette culture. Vive les onsen !!!

A.

PS : ce soir dîner avec Harunori de passage à Matsuyama pour un symposium sur le pèlerinage. Rien ne vaut un dîner avec un japonais pour découvrir et apprécier la cuisine japonaise. Et un nouveau mot à mon vocabulaire : uni l'oursin. Miam !!!

vendredi 16 octobre 2015

Matsuyama

Je suis enfin sortie de ma chambre après trois jours de repos, et suis retournée en arrière aux temples 44 et 45. Deux charmants japonais m'accompagnaient et m'ont ainsi évité de me tromper, alors que les horaires de bus étaient très justes : pour repartir du temple 45, il n'y a qu'un bus par jour, à 13 h 05 !!!
Cela m'a fait un bien fou de retrouver les montagnes, les pentes abruptes et les escaliers.
Les alentours du temple 45 présentent des particularités géologiques étranges : l'érosion fait apparaître un énorme piton rocheux de plus de 4000 ans, et surtout les reliefs présentent des trous inexpliqués, comme au-dessus du temple 45. Si quelqu'un peut m'expliquer, je suis preneuse...
Puis, pour me détendre, je suis allée au onsen Dogo, le plus vieux onsen du Japon, 3000 ans. Quelle déception ! Certes il y a de très jolies mosaïques, mais le bassin est petit, sans remous, entièrement à l'intérieur. Et surtout, le service laisse à désirer : il faut payer un supplément pour avoir une serviette et un petit bout de savonnette, ni shampoing ni après-shampoing, pas de crème pour le corps... Bref j'ai connu mieux. Le seul truc rigolo : c'est plein de touristes japonais qui viennent de leur hôtel en peignoir, tenant à la main un petit panier d'osier avec serviette, savon, shampoing...
A.

PS : ce soir encore un restaurant au hasard. Au menu sashimi et soba. Aucun risque donc. J'ai goûté un truc dément : anagosushi. Si quelqu'un peut me dire ce que c'est ?